Jeudi 25 décembre 2008
Il y a 1 an le frère jumeau de ma Maman (mon Tonton, celui qui signait toujours "tonton grandfada") me demandait de transformer un poème, que mon parrain avait écrit, en une histoire.
Je l'avais fait d'autant plus volontiers que mon parain venait de décéder
dans le courant de l'été.
Cette histoire je vous la livre ce soir, pour la 1ère et la dernière fois, ce sera juste l'occasion de lui faire un clin d'oeil  (puisqu'il est parti le rejoindre, le 8 décembre, quelque part parmi les étoiles...).


L'histoire :

Un chien de Noël

(d'après un poème de mon parrain, Raymond Intartaglia)

 

Il était là, seul, debout, les pieds nus devant cette vitrine d'un magasin où brillaient milles jouets et guirlandes multicolores.

N'avait-il pas froid les pieds nus dans cette neige ???

Oui, bien sur qu'il devait avoir froid, mais le froid était devenu son compagnon depuis les premiers frimas de l'hiver. Il ne ressentait même plus la morsure du gel sous ses pieds, il s'y était habitué depuis bien longtemps, trop longtemps pour un si jeune enfant.

Personne ne remarquait sa présence, pourtant il détonnait dans ce paysage coloré. Comment ne pas le voir dans ses vêtements déchirés, salis d'avoir trop traîné...

Tous passaient, mais personne ne le voyait...

Et lui, lui il n'avait des yeux que pour eux, les camions de pompiers, les belles autos, les nounours, les boîtes dorées...

Tous, tous ces passants riaient, tandis qu'il pleurait...

Il se disait que jamais il n'aurait tous ces beaux joujoux, jamais il ne connaîtrait la douceur d'un câlin avec ce doux nounours.

Des larmes coulaient le long de ses joues laissant derrière elles des stries sur son visage d'enfant blessé ne n'avoir personne à aimé, personne pour le câliner.

Tout à ses pensées il ne l'entendit pas venir à lui...

Qui... ??

Ecoutez la suite et vous saurez... !!

C'est tout juste s'il remarqua que quelque chose le frôlait, mais il n'y prêta pas plus d'attention que ça. C'est alors qu'il entendit aboyer...

Il sursauta... quelqu'un voulait-il le chasser de cette vitrine de jouets ??

C'était toujours ainsi lorsqu'on voulait se débarrasser de lui et de la misère qu'il traînait.

Des chiens le chassant, le poursuivant, essayant de lui mordre les mollets, il en avait rencontré...

Mais pas ce soir, non, cette fois-ci personne ne l'obligerait à partir d'ici !

Il était déterminé à rester, après tout le trottoir appartient à tout le monde non ??

Et c'est ce qu'il s'apprêtait à "lui" dire, alors, il se retourna pour faire face et... aperçu cette grosse boule de poils soyeux qui le fixait du regard, mais cette fois-ci aucune agressivité ne transparaissait chez ce Toutou...

Un jappement joyeux et le chien qui quelques secondes auparavant le terrorisait, ce chien au regard très doux semblât lui dire :

- "Sèche tes larmes, tu n'es plus seul. Tu n'as pas d'amis ?? Prends-moi avec toi et je serai ton compagnon pour la vie. Je serai ton cadeau de Noël et tu seras le mien. Je te protégerai de tous les dangers, et de ma fourrure je te réchaufferai. !"

Le gamin se penchât, s'agenouillât, puis prenant le chien dans ses bras lui dit... :

- « Tu veux bien être mon Ami ??? »

Le chien, en guise de réponse frotta sa truffe contre le nez du petit garçon...

- « Ça veut dire Oui ?? Hô merci !! Tu ne peux pas savoir combien je suis heureux. Personne jusqu'ici ne m'avait fait de cadeau plus beau !! » lui répondit le gamin en oubliant ses larmes...

- « Tu m'offres ton amitié, ta chaleur, ta sécurité... Je t'offre mon cœur et mes mains pour te câliner. Jamais plus nous ne nous séparerons, nous serons comme deux compères, plus forts que des lions. Viens partons par les chemins vers d'autres lendemains... ! »

 


Et voici à présent le poème tel qu'il m'était parvenu :


Noël pour un gueux.


Une grande vitrine où brillent mille feux,

Et tout seul, l'admirant, un petit miséreux.

Ses cheveux mal peignés tombent sur son front pâle

Dépassant d'un béret tout mité et fort sale.

De ses grands yeux fiévreux il fixe avec envie

Des jouets que jamais il n'aura de sa vie.

Raidi, il se tient là en ce soir de décembre,

Ne sentant plus le froid qui envahi ses membres.

Ses joues bleuies de froid sont inondées de larmes,

Mais nulle voix ne vient apaiser ses larmes.

Pourtant, sur le trottoir, à frôler ses haillons,

Des gens s'en vont heureux vers un gai réveillon ! ...

Soudain, tout près de lui, un aboiement joyeux ;

Celui d'un bon gros chien au pelage soyeux.

Dans les yeux de l'enfant, que voilent encore des pleurs,

Quelque chose a jailli faisant s'enfuir la peur.

"Vois, tu n'es plus tout seul en cette nuit de fête ! ..."

Semblaient dire à l'enfant les doux yeux de la bête,

"Toi aussi cette nuit tu auras ton cadeau,

Je t'offre l'amitié, n'est-ce pas le plus beau ? ...

Oublie donc ces jouets et ces gens imbéciles,

Je te protègerai et je serai docile."

"Merci..." lui dit l'enfant en essuyant ses joues,

"Grâce à toi, j'ai ce soir, le plus beau des joujoux.

Tu es bien plus cher qu'eux, et meilleur que ces hommes,

Qui passent près de moi, mais qui m'ignorent en somme...

Tu offres l'amitié à un cœur solitaire ?...

Eh bien, soit !... Toi et moi ne feront qu'un sur terre !...

Avec toi pour ami je n'aurai plus d'effrois

Et nos deux cœurs unis n'auront plus jamais froid.

Viens, mon chien ! ... Viens, partons !... Plus rien ne m'intéresse

Hormis toi, à présent, mon compagnon de détresse ! ..."

Et l'enfant, rayonnant, s'éloigna sous la pluie,

Emmenant son "noël" qui trottait près de lui.


de Raymond Intartaglia



Joyeux Noël et Bonnes Fêtes à Tous !!!

 

Par Gisou - Publié dans : Un chien de Noël.. ou.. Noël pour un gueux - Communauté : Mouffles’Communauty
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